À l’approche du renouvellement des organes dirigeants de la Société civile camerounaise des droits voisins, le candidat Dr Akono Claude défend une transformation profonde de la structure : modernisation des outils, présence dans les régions, numérisation des procédures et rapprochement avec les titulaires de droits.
Derrière une chanson diffusée à la radio, une voix enregistrée en studio, une prestation sur une scène ou une image projetée sur un écran, il y a des professionnels dont les droits sont liés à l’exploitation de leur travail. Artistes-interprètes, musiciens, acteurs, danseurs, producteurs ou professionnels de l’audiovisuel composent cet univers des droits voisins. Au Cameroun, leur représentation collective se trouve aujourd’hui à un moment charnière, avec la perspective d’un renouvellement des instances de la Société civile camerounaise des droits voisins.
La société sort d’une période où la question de son organisation a souvent croisé celle de sa stabilité institutionnelle. Avant de parler d’élection, il a fallu reprendre les bases. Le fichier des membres a ainsi fait l’objet d’un travail de vérification conduit à partir de plusieurs listes. Doublons, personnes décédées et données discordantes ont été examinés. Au terme de cette opération, 1 498 membres ont été retenus, tandis que 387 des 558 souscripteurs enregistrés auprès des services déconcentrés du ministère des Arts et de la Culture ont été identifiés comme membres de la SCDV.
Dans cette séquence de reconstruction, le Dr Akono Claude avance sa candidature à la présidence du conseil d’administration. Son discours repose sur un constat et une promesse : la société doit, selon lui, adapter son fonctionnement aux réalités actuelles du secteur culturel. La première piste évoquée est territoriale. Il propose un siège accompagné de bureaux annexes dans les dix régions du pays, avec l’objectif affiché de rapprocher l’organisme de ceux qu’il représente et de réorganiser la gestion de ses portefeuilles.
Le numérique constitue l’autre grand chantier annoncé. Le candidat souhaite doter la structure d’équipements et de logiciels adaptés, puis digitaliser les différentes étapes de ses opérations. La copie privée figure également parmi les dossiers qu’il entend accélérer. Dans son projet, la modernisation doit permettre d’améliorer la circulation des informations et de rendre le traitement des redevances plus rapide, précis et sécurisé. Il s’agit, plus largement, de faire entrer la gestion collective dans une nouvelle étape technologique.
Cette transformation ne serait pas limitée aux frontières nationales. Le programme prévoit une coopération accrue avec des sociétés étrangères spécialisées dans les droits voisins et la conclusion éventuelle d’accords de réciprocité. L’enjeu, selon cette plateforme, serait de mieux prendre en compte les droits liés aux exploitations internationales et de donner aux titulaires camerounais accès à des mécanismes de gestion davantage connectés aux échanges du secteur culturel.
Mais la modernisation technique ne suffit pas, selon le candidat, à transformer une organisation. La gouvernance est au cœur de sa proposition. Communication régulière, collaboration avec la Sonacam et les autres organismes de gestion collective agréés, lutte contre les discriminations et refus du clanisme sont avancés comme autant de principes destinés à rétablir la confiance. Le projet prévoit aussi une refonte des textes et un toilettage du fichier des sociétaires, préalable présenté comme nécessaire à une administration plus fiable.
Le programme comporte enfin une dimension sociale. Les aînés et les sociétaires honoraires devraient bénéficier d’un accompagnement particulier, tandis que la formation et les actions culturelles sont présentées comme des moyens de renforcer les capacités des professionnels. Cette orientation traduit une volonté de replacer les personnes qui produisent, interprètent ou diffusent les œuvres au centre du dispositif. Dans un secteur où la reconnaissance des droits se mesure aussi à la régularité des revenus, la question dépasse ainsi la seule architecture administrative.
Le décor institutionnel de cette campagne a été posé au mois d’août, lors d’une cérémonie consacrée à la restauration de la SCDV sous la conduite du ministère des Arts et de la Culture. Le groupe chargé de vérifier les souscriptions avait alors présenté les résultats de ses travaux. Le professeur Edimo François, président de la Commission de contrôle des organismes de gestion collective, avait rappelé que la SCDV ne procède pas directement à la perception des redevances, mais intervient principalement dans leur répartition au bénéfice des ayants droit.
Les responsables institutionnels ont également insisté sur la nécessité de sortir des conflits ayant entravé le fonctionnement de la société. Le renouvellement des organes dirigeants doit, selon les recommandations formulées, s’effectuer dans un climat apaisé, inclusif, impartial et transparent. La Commission de contrôle est appelée à assurer l’encadrement et le suivi du processus, tandis que les différents responsables des organismes de gestion collective sont invités à privilégier le professionnalisme et le respect des textes.
C’est dans cet entre-deux, entre remise en ordre administrative et bataille pour l’avenir, que la candidature du Dr Akono Claude cherche désormais à trouver sa place. Son projet baptisé « nouvelle dynamique » met en avant cinq années de transformation annoncée, avec la numérisation, la proximité régionale, la coopération internationale, la gouvernance et l’accompagnement des sociétaires comme principaux axes. Reste désormais à savoir comment ces propositions seront confrontées aux autres visions portées dans le cadre du renouvellement des instances de la SCDV.










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