En lice pour le renouvellement du Conseil d’administration de la Société civile camerounaise des droits voisins (SCDV), Aladji Touré a présenté les grandes orientations de son projet lors d’une conférence de presse organisée le 8 octobre 2026 au Café Vienna, au lieu-dit Mahima Coron. Sa démarche repose sur quatre axes prioritaires : la gouvernance, l’amélioration de la perception et de la répartition des droits, l’accompagnement des membres et l’avancement du dossier de la copie privée.
La gestion collective des droits voisins constitue un enjeu majeur pour les professionnels de la culture, dont les revenus dépendent notamment de la reconnaissance et de la valorisation de leurs contributions. Pour Aladji Touré, l’efficacité de la SCDV doit se mesurer à sa capacité à défendre les intérêts des titulaires, à assurer le suivi des sommes dues et à fournir des informations compréhensibles sur les opérations réalisées. Cette exigence de résultats constitue le fil conducteur de son projet, résumé par une formule : « Une vie d’artiste, un engagement pour la SCDV ».
La première orientation concerne la gouvernance et la transparence. Le candidat propose d’ouvrir le mandat par un état des lieux administratif, financier et opérationnel afin d’identifier les acquis, les difficultés, les engagements en cours et les ressources disponibles. Cette démarche devrait permettre au Conseil d’administration de fixer des objectifs réalistes et de mieux organiser ses travaux. Chaque décision importante serait assortie d’un responsable, d’un calendrier de suivi et d’un compte rendu permettant d’apprécier son niveau d’exécution. L’équipe entend également instaurer une communication régulière avec les membres, dans le respect des textes en vigueur et de la confidentialité des données personnelles.

La deuxième priorité porte sur la perception et la répartition des droits. Le programme prévoit un examen des accords existants, des paiements attendus et des obstacles au recouvrement, afin de distinguer les recettes encaissées des sommes restant dues. Un dispositif de suivi des utilisateurs concernés, des échéances et des relances devrait contribuer à sécuriser les perceptions. Parallèlement, la mise à jour des dossiers des titulaires de droits et la clarification des critères de répartition figurent parmi les mesures envisagées. Le candidat souhaite également renforcer le traitement des réclamations, avec la possibilité de corriger les erreurs établies selon les procédures applicables, sans avancer de montants garantis avant vérification.
L’information et la formation constituent le troisième pilier de cette proposition. L’équipe souhaite mettre à la disposition des sociétaires des fiches pratiques, des rencontres d’échanges et des supports pédagogiques consacrés aux droits voisins, à la constitution des dossiers et à la compréhension des mécanismes de gestion collective. Des sessions adaptées aux différentes catégories professionnelles sont également envisagées, notamment pour les artistes-interprètes et les producteurs. Le projet prévoit par ailleurs un meilleur accueil des demandes, leur orientation vers les interlocuteurs compétents et un suivi jusqu’à leur résolution. Des rencontres régionales permettraient enfin de rapprocher la société de ses membres, avec une attention particulière accordée aux jeunes professionnels.
Le dossier de la copie privée représente le quatrième chantier annoncé par Aladji Touré. Son équipe entend commencer par rassembler les textes, décisions, correspondances et données disponibles pour établir précisément l’état d’avancement de cette question. Sur cette base, un plan de travail définirait les démarches administratives, juridiques, réglementaires ou opérationnelles à entreprendre. Le dialogue avec les pouvoirs publics et les autres acteurs concernés devrait se poursuivre à partir d’éléments documentés. En parallèle, le candidat prévoit d’anticiper les modalités d’identification des bénéficiaires, de traçabilité des sommes et d’application des règles de répartition, tout en informant régulièrement les sociétaires des progrès réalisés.
Pour assurer la mise en œuvre de ces engagements, l’équipe propose une méthode commune fondée sur des objectifs définis, des responsabilités identifiées, des moyens adaptés et des indicateurs d’évaluation. Les décisions exécutées, les perceptions réalisées, les dossiers traités, les réclamations résolues et les formations organisées constitueraient autant de repères pour mesurer les avancées. Cette organisation devrait aussi permettre d’ajuster les actions lorsque des difficultés apparaîtront, plutôt que de limiter le suivi aux annonces initiales.
Au-delà des mesures techniques, Aladji Touré défend une approche collective de la gouvernance. Les femmes et les hommes appelés à porter ce programme sont invités à représenter les différentes composantes de la famille professionnelle, sans distinction liée aux choix exprimés pendant le scrutin. Chaque administrateur devrait assumer les responsabilités qui lui seront confiées et rendre compte de son action. L’ambition affichée est de bâtir une société plus accessible, dont les membres comprennent le fonctionnement et peuvent apprécier les résultats à partir d’éléments concrets.
Le projet met ainsi l’accent sur la responsabilité, la qualité du service rendu et la confiance entre les dirigeants et les titulaires de droits. Sa portée dépendra toutefois de la capacité de l’équipe à transformer ces propositions en décisions effectives, dans le respect des compétences de la SCDV et des dispositions applicables. Pour Aladji Touré, l’enjeu est de faire de la défense des droits voisins une mission mieux suivie, mieux expliquée et davantage tournée vers les attentes des professionnels.











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