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Justice climatique : les femmes africaines réclament des réparations

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Face aux inondations, aux sécheresses et à la dégradation des terres, des représentantes de plusieurs pays africains réclament une meilleure protection des ressources naturelles et une prise en charge équitable des dommages climatiques. Réunies à Yaoundé autour du thème « Nos terres, nos voix : les femmes africaines unies pour la justice climatique et les réparations », elles entendent renforcer leur influence sur les politiques publiques et défendre les droits des communautés.

Qui doit payer le prix des dégâts provoqués par le changement climatique ? Pour les participantes à la quatrième Assemblée des femmes pour le climat, la réponse ne peut ignorer la responsabilité historique des principaux émetteurs de gaz à effet de serre. Elles réclament des financements durables en faveur des populations les plus vulnérables, notamment pour restaurer les écosystèmes, adapter les activités locales aux bouleversements environnementaux et soutenir des initiatives conçues par les communautés elles-mêmes.


Derrière cette revendication se joue une question de survie économique et sociale. Les femmes, fortement impliquées dans l’agriculture, la gestion de l’eau et la préservation des ressources familiales, sont directement confrontées aux conséquences des dérèglements climatiques. La détérioration des sols, la raréfaction de l’eau et la multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes fragilisent leurs moyens de subsistance. Défendre les terres revient ainsi à protéger les familles, les activités quotidiennes et l’avenir des générations futures.


Protéger les terres et les ressources
Les déléguées appellent également les pouvoirs publics à faire respecter les législations environnementales. Elles souhaitent des politiques davantage centrées sur les besoins des populations, avec une attention particulière portée aux forêts, aux cours d’eau, aux semences et aux autres ressources naturelles. Leur démarche interroge les modèles de développement qui privilégient l’exploitation économique des territoires sans assurer suffisamment la protection des droits des communautés qui y vivent.


Organisée par Green Development Advocates (GDA), avec le soutien de WoMin African Alliance, la rencontre a réuni des militantes, des représentantes d’organisations communautaires, des peuples autochtones et des acteurs de la société civile. Les discussions ont notamment souligné la nécessité de renforcer la participation des femmes aux décisions relatives à l’environnement, à l’exploitation des ressources et à la gestion des espaces naturels.


La protection du bassin du Congo a occupé une place importante dans cette mobilisation. GDA a réaffirmé son engagement en faveur de la conservation des forêts et de la défense des droits fonciers des femmes ainsi que des peuples autochtones. Les responsables communautaires ont, pour leur part, exposé les difficultés rencontrées sur le terrain et partagé des propositions destinées à mieux protéger leurs territoires.
Les savoirs locaux comme réponse
La rencontre a aussi mis l’accent sur la transmission des connaissances et le renforcement des organisations féminines. Les participantes ont échangé sur le leadership, la gouvernance démocratique, la défense des droits et les moyens de bâtir des structures communautaires capables d’agir durablement. Ces discussions ont permis de confronter des expériences nationales et de relever les obstacles sociaux, culturels, politiques et économiques qui limitent encore la participation des femmes.
L’approche « Chacune enseigne à une autre » a donné une dimension pratique aux travaux. Des démonstrations ont valorisé l’agroforesterie, les techniques culinaires traditionnelles, la teinture des tissus, la pharmacopée locale et la fabrication de produits cosmétiques. La conservation des semences et la gestion des mangroves ont également illustré le potentiel de savoir-faire transmis entre générations, susceptibles de contribuer à des pratiques plus respectueuses des écosystèmes.
Les témoignages de Bela Marie Victorine, du Cameroun, et d’Abbie Freeman, du Liberia, ont souligné l’importance de faire remonter les réalités communautaires jusqu’aux lieux où se prennent les décisions. Pour les participantes, les populations concernées ne doivent plus être considérées uniquement comme des victimes du changement climatique, mais reconnues comme des actrices capables d’élaborer leurs propres réponses.
Un front continental à consolider
Au terme des travaux, les déléguées ont exprimé leur volonté de prolonger les alliances nouées à Yaoundé et de peser davantage sur les orientations des gouvernements et les pratiques des entreprises. Leur mobilisation associe justice climatique, souveraineté alimentaire, gestion durable des ressources et reconnaissance des droits communautaires.
Reste désormais à traduire ces revendications en mesures concrètes. Pour ces femmes africaines, la transition écologique ne peut se limiter à des réponses techniques : elle suppose une répartition plus équitable des responsabilités, des moyens adaptés aux besoins locaux et une participation réelle des populations aux décisions concernant leurs terres, leurs forêts et leur avenir.

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